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Et bien oui, ça fait un bail que je vous parle de ce projet. Et si les gens qui sont proches de moi savent pourquoi j’ai décidé ce grand chamboulement dans ma vie, la plus part qui vagabondent sur ce blog n’en ont sûrement aucune idée.

Et le départ s’approchant il était peut être temps d’expliquer pourquoi le Japon.

on va reprendre les bases

Ça fait maintenant 17 ans que je vie sur Paris, j’ai pas mal déménagé étant enfant. Je restais jamais plus de 2 ans quelque part, 4 ans fut mon max avant Paris, et à vrai dire je ne me suis jamais senti quelques part chez moi.

J’ai eu cette sensation à la fin des années 90, en venant faire mon stage à Paris. J‘avais enfin une ville qui m’attirait, que je trouvais magnifique et dont j’avais une folle envie de découvrir. C’était donc un choix sans équivoque pour moi de venir bosser ici, puis pour mon boulot dans le web à l’époque à part Paris le reste du monde était sur le minitel, enfin du monde de la France.

Et puis forcément au bout de 17 ans on a des envies de changement, et alors qu’un certains François H tentait de m’insuffler le gout de l’aventure avec son mantra « le changement c’est maintenant » (vous ne le voyez pas mais je me sens obligé de faire le mouvement de bras qui va avec à chaque fois), je me suis enfin décider à faire le grand pas.

Oh Canada !

Je dois l’avouer, avant le Japon j’ai eu ma période Canada. Quoi de mieux qu’un pays francophone pour tenter une nouvelle vie, surtout avec mon niveau pitoyable d’anglais (my flower is rich and my tailor is beautifull). En plus on me l’avait vendu le Canada, peut être même un peu trop. Comme quoi Montreal était une ville idéal pour poser mes valises, que je serais comme un poisson dans l’eau là bas (l’autre dirait même dans ton pays loin là bas ba ba ba ba ba ba ba, dans ton pays loin de moi, everything you do make me crazy about you pourquoi tu pars, reste ici j’ai tant besoin d’une amie).

Moi qui aime le froid, les frites avec de la sauce étrange dessus, et qui aurait pu enfin quitter ma pseudo vie étudiante…

Oui car à Paris j’ai beau avoir un salaire plus que correcte, j’ai toujours habité dans des petits appartements, ça fait 10 ans que j’ai accédé au luxe ultime : le deux pièces ! Mais vivre à 37 ans dans un 34 m² on peut pas dire que ça soit un super ascenseur sociale non plus.

le gros bâtiment en plein milieu du bois de Boulogne : ce n’est pas chez moi

C’est vrai que sur le papier, le Canada paraissait vraiment top pour moi, je m’y voyais déjà, en haut du mont royal, au bras d’une star, l’hivers à la neige et l’été au soleil, je me voyais déjà, racontant ma vie, l’air désabusé, à des débutants friands de conseils… (ouai je vais arrêter avec les paroles de chansons promis) Bref je suis parti en vacance au pays de Céline pour me faire quand même ma propre idée.

Et au final ce fut une petite désillusion, la gentillesse légendaire canadienne à Montréal je ne l’ai pas vraiment senti plus que ça, et je n’ai pas eu de coup de coeur spécial…. bon, ok,  avouons le aussi j’ai trouvé les filles vraiment pas terribles et n’étant pas gay et célibataire ça fait parti des critères.

Du coup on va où ?

Ce plan tombant totalement à l’eau je me demandais ce que je pouvais faire, j’avais vraiment envie de quitter la France mais pour aller où ?

J’ai un fort caractère, j’aime débattre ; parfois trop même, mais au final je n’ai pas du tout un tempérament Latin. Les pays un peu « buisounounours » style où l’ordre et la terreur règnent me font beaucoup plus de l’oeil que ceux où on aime hurler avec ses mains ou marcher au ralenti.

J’avais donc ciblé les pays nordique et le Japon. Le Japon je l’ai côtoyé de loin quand j’étais petit (big up Dorothée). J’ai même fait plus que ça vue que je passais ma vie devant les dessins animés à la télé. Pour autant je n’étais pas un « fana » du japon, l’adolescence est passé par là et même si je suis geek dans l’âme je n’étais pas un ultra japonophile. J’avais plus envie de voyager en Islande et à New York que de partir à Tokyo.

Et puis un jour sans crier gare (je ne veux voir personne crier gare derrière son ordinateur !), le Japon est revenu un peu dans ma vie un peu par hasard.

Je suis un mec à lubie, je vais adorer un truc pendant plusieurs mois et puis passer à autre chose en l’abandonnant lâchement (non ça je le fais pas avec les filles je vous vois venir !). Et donc nouvelle lubie des années 2010 : les animés, les mangas, les figurines. Honnêtement je me souviens plus comment je me suis remis à ça, mais j’ai pris plaisir à lire pleins de mangas et me mater plein d’animés. Et mine de rien ça m’a donné envie de visiter le Japon !

Et là c’est le choc

J’ai donc préparer un petit voyage, qui devait durer 2 semaines au final en 2014 que j’ai retardé d’un an pour prendre quelques cours de japonais avant, et qui a fini par 5 semaines en 2015. Car à chaque fois que je préparais un peu plus mon voyage j’avais envie de découvrir un nouveau coin, encore et encore.

C’était aussi mon premier voyage seul, tous mes autres voyages auparavant, je les ais toujours fait accompagné d’amis ou de la famille. C’était donc une sacré aventure pour moi de partir tout seul dans un pays dont je ne parle pas la langue et c’était aussi la première fois que je faisais plus de 15 jours de vacances d’affilés depuis la période de l’école.

une nouvelle fenêtre c’est ouvert pour moi après cette découverte

Une sacré aventure je vous dis ! Alors on aurait pu croire qu’arrivé sur place il y aurait un peu de panique, mais en fait pas du tout. Non. Dès les premiers pas, dès ma première sortie je me suis senti à la maison. Sans trop savoir pourquoi honnêtement.

La même sensation que j’ai eu en arrivant sur paris pour mon stage, je me souviendrais toujours avoir déambuler dans une petite rue un dimanche matin au nord de Ueno, en direction de la sky tree. et m’être arrêté rapidement à regarder un match de baseball sur un petit terrain local, entre des cinquantenaires. Rien de bien excitant mais j’ai ressenti une sensation de bien être, un truc qui vous fait dire « hey gars ça y est t’as trouvé ! »

T’as trouvé quoi ?

C’est une bonne question j’ai trouvé quoi ? Et bien je pense (mais ça le temps nous le dira) un endroit qui me convient. Il y a pleins de raison qui m’ont fait aimer ce pays pendant mes 3 mois passées sur places. Alors bien sûr pour l’instant mon expérience s’arrêtent en mode vacancier, on sait très bien qu’être en vacance quelque part et y habiter c’est une tout autre histoire.

Je n’idéalise pas le pays, contrairement à des japanophiles totalement gaga qui ont une vision, je pense, biaisée du pays. Non pour ma part je sais très bien que le pays a plein de mauvais coté. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs elle a juste une odeur et une couleur différente.

Déjà j’aime bien ce sentiment de tranquillité, sans incivilités, où on respecte les autres, on respecte les règles, on fait la queue, on attend que le petit bonhomme soit vert pour traverser, on ne se croit pas centre du monde non on pense au groupe avant.  Attention je ne suis pas un humaniste se battant pour la veuve et l’orphelin, je suis une saloperie d’égoïste qui ne veut pas d’enfant car il préfère s’occuper de lui et de sa copine et son shiba-inu et ne pas se rajouter des responsabilités supplémentaires. Pour autant cette bulle que se fabrique les gens en France et à Paris, où tout tourne autour d’eux, où on se met jamais à la place de l’autre, où on ne s’excuse pas quand on est retard, où on râle quand la personne en face n’a pas fait ce qu’on souhaitait sans se dire que peut être il a eu un problème etc, tout ça j’en avais marre. Mais vraiment marre.

Au japon j’ai trouvé plus de respect, plus de règles, oui les règles parfois elles sont très connes, mais hélas quand on laisse plus de liberté on se retrouve souvent avec les gens qui du coup ne s’auto contrôle pas et ça dérive petit à petit de plus en plus. Enfin c’est mon impression tout du moins.

Et puis il y a l’ambiance, cette énergie, ce coté stricte mais parfois foufou, ce mélange de vieux et de neuf, de wtf et de traditionnel, et puis les paysages et la culture. Sérieux à chaque fois que je rentre du Japon sur Paris j’ai l’impression que La moitié (voir plus) des gens que tu croises dans la rue, ont envie de te tabasser juste en regardant leur gueule. C’est quelque chose que je ne remarque pas quand je suis ici, mais à chaque fois que je rentre le contraste est saisissant !

Bon, ok, les filles sont mignonnes aussi, je plaide coupable ! A la base les filles d’origines asiatiques ça n’a jamais été spécialement mon truc, moi je suis plus brune aux yeux clairs avec une forte poitrine  et à l’allure vulgaire . Mais lors de mon premier voyage, j’ai eu l’impression d’être dans un magasin de jouer géant ! Je tombais amoureux toutes les deux minutes, alors je n’ai qu’une chose à dire : le canada prends en de la graine, et bosse un peu bordel !

Alors on y va ? 

A la fin de mon dernier voyage, alors que je me baladais dans Tokyo, j’en étai sûr : il fallait que je tente le coup.

En route vers le Japon !

Oui mais voilà j’avais 34 ans, trop vieux pour faire un pvt, pas un compte en banque super garni, et je ne ressemble pas à un boys band koren pour me faire adopter rapidement par une japonaise. Mon anglais n’étant pas bon, l’option chercher du travail là bas me paraissait compliqué… déjà que juste l’anglais ça limite pas mal les choses…

J’ai donc continué les cours de Japonais, mais au final je le savais, avec pas assez d’assiduité mon niveau a vite stagné. Le boulot n’aidant pas pour faire des cours régulièrement, et mon coté glandeur n’aidant pas non plus pour travailler à la maison.

Je suis quand même reparti une deuxième fois en 2017, pour deux mois cette fois. Pour profiter et en avoir pleins les yeux bien sûr (je ne parle pas des filles roh !), mais aussi pour voir si vraiment ce coup de coeur était toujours présent. Et force de constater que c’était le cas. j’ai donc commencé à réfléchir aux solutions possibles pour partir rapidement. Car oui la quarantaine se rapprochant je me disais que plus j’allais attendre plus ça allait être compliqué.

Je n’ai pas d’enfant, pas de copine, je ne suis pas proche de ma famille, beaucoup de mes amis sont partis de Paris, certains très loin même (en banlieue !). Bref rien ne me retient, à part le budget !

J’ai donc fait mes calculs, j’ai économisé, vendu mes affaires, fait un buget complet et un mois après mon retour de voyage j’ai pu validé le fait que je pouvais faire deux ans d’étude de japonais.

Pourquoi apprendre le japonais ?

Oui apprendre le japonais c’est quand meme plus pratique pour vivre au Japon (j’ai une logique sans faille), je me suis dit que étudier le japonais n’était pas le plus rentable en terme de budget, mais ça me permettrait déjà de vivre sur place pendant 2 ans, on va dire que c’est déjà ça ! Et puis si je parle japonais ça sera plus simple pour trouver du travail par la suite.

Je ne suis pas un fana des langues, j’ai même toujours été nul (j’englobe le français dedans mais ça vous vous en rendez déjà compte ici), c’est donc un gros challenge pour moi, beaucoup plus que celui qui a fait sa fac de japonais par exemple. Je n’ai aucune idée si je vais réussir à me motiver à savoir bien parler le japonais (le parler tout court ça serait déjà pas mal). Il n’y a qu’à voir mon niveau en français pour émettre des réserves là dessus. Mais ça parait être un bon moyen pour s’installer sur la durée dans ce pays.

Je ne sais pas ce que vont donner ses 2 ans, mais sur le papier pour l’instant je n’y vais pas juste pour apprendre le japonais et rentrer, j’aimerai m’y installer.

L’aventure c’est l’aventure

Ça peut paraître un peu con qu’un type qui claque toutes ses économies dans ce projet, vends ses affaires, quitte son boulot dans le quel il bossait depuis 15 ans et part à l’autre bout du monde, et vas vous dire qu’il n’est pas du tout aventurier. Car non je ne le suis pas ! Je ne pars pas la bas pour faire 2 ans ici puis ensuite tenter ailleurs etc etc. Non moi j’ai envie de me poser tranquile avec mon shiba-inu, ma femme, et mon ami imaginaire, il n’a pas de problème de visa lui étrangement.

Car oui à chaque fois que je parle de ma future vie qui va commencer dans quelques semaines tout le monde me dit « c’est une sacré aventure, moi j’aurai pas osé ». Ne pensez pas que je fais le mariole, une partie de moi, malgré mes skills de chef de projet et de savoir faire des budgets, n’en mène pas large. De me dire qu’autant je vais rentrer à 40 ans, sans boulot, sans toit, avec 5000 balles sur mon compte et avec une sacré déculotté de projet qui aura foiré ça ne me fait pas super rêver.

Mais ma vie parisienne ne me convenait plus, je me faisais un petit peu chié pour tout vous avouer. J’avais besoin de nouveautés et surtout de m’éloigner de vous qui faites la gueule et qui ne respectez pas les autres en permanence.

Alors ça parait un peu foufou pour certains (et pour moi aussi parfois) mais j’ai envie de tenter l’aventure, en partant au Japon j’ouvre pleins de porte qui mène vers pleins de chemins différents, certains casses gueules, d’autres qui seront plutôt chouettes, des vallonnées, je ne sais pas sur quel sentier je vais finir, mais juste cette perspective… et bien je la trouve plutôt chouette.

ma nouvelle maison pour au moins deux ans

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