Après le précédant article sur mon bilan des 4 mois et le retour plutôt positif de ma vie ici, on va faire un peu plus dans le pathos aujourd’hui. Car oui je sais que vous aimez ça, les larmes, le sang, les mises à mort (bon pour le dernier je suis pas sûr qu’on ira jusque là désolé).

Comme je l’ai déjà dis dans mon précédant article, j’ai un peu de mal à m’adapter à la vie étudiante.

L’école est plutôt bonne même si tout n’est pas parfait, non mon problème c’est plus le rythme et la vie « scolaire » qui n’est pas vraiment adapté à moi et mes projets.

Avec le rythme actuel, je n’ai pas beaucoup de temps pour lancer quelque chose en parallèle et cela me chiffonne un peu. De plus beaucoup de mes camarades sont dans un esprit très « scolaires », c’est à dire :  il triche en classe (même quand c’est pas noté, et sachant que les notes ne servent pas à grand chose…), certains ont un esprit de compétition exacerbé pour être les « premiers » je trouve ça ridicule et c’est vraiment pas mon truc. Je reviendrai en détail un jour sur tout ça pour vous montrer un peu le coté ridicule de tout ça, mais c’est pas le but de ce billet.

Mes camarades ne sont pas méchants pour autant, ils sont tous sympathiques, mais je pense que certains sont encore très jeune. Ils n’ont connu que l’école et sont formatés dans cet état d’esprit un peu con qu’on vous inculque quand on est étudiant.

Car rappelons le, on paye pour apprendre le japonais, le diplôme ne sert à rien, le but est juste de pouvoir parler la langue, votre note, votre diplôme, on s’en contre fou… meme le fameux jlpt qui évalue votre niveau en japonais, aucun japonais ne vous le demandera jamais ^^, il verra bien pendant l’entretient si vous parlez japonais ou non.

Mais je pense que le principal problème c’est moi, car après tout  ça fait 17 ans que je ne suis pas retourné à l’école et je ne suis pas très adapté à ce genre de système.  Se retrouver dans une ambiance scolaire j’ai l’impression de régresser et de pas être à ma place.

Après, ne pensez pas que ce spleen c’est parce que je suis nul en cours, ce n’est pas le problème j’arrive à suivre je suis un élève « moyen  » on va dire, pas le meilleur, mais dans la moyenne. j’ai des notes convenables (même si les notes encore une fois ça ne sert vraiment à rien je vois pas l’intérêt d’avoir des tests chaque semaines qui vous font faire du bachotage et on sait ce que ça donne le bachotage au final…).

J’aurai sûrement était mieux dans une école avec des nouvelles méthodes d’apprentissage, là j’ai vraiment l’impression d’être en cours de langue avec des dialogues à écouter et remplir les blancs, des dictées, des interros etc. Heureusement on parle beaucoup en classe, on fait des exercices plus pratiques etc.

Encore une fois je ne critique pas l’école je pense que leur méthode fonctionne dans l’ensemble, c’est juste moi qui ne suis pas adapté à tout ça je pense.

Bref vous l’aurez compris tout n’est pas rose dans ma vie japonaise et je ne suis pas sûr de pouvoir faire 2 ans comme ça, je ne prends pas de plaisir le matin en me levant, et pour moi c’est primordiale de prendre du plaisir, ou tout du moins de pas traîner les pieds. En France, mon boulot ne me transcendait pas du tout, mais je n’y suis jamais allé à reculons, le matin pour y aller, sinon j’aurai changé de taf. Donc je me dis qu’il faut que je fasse quelque chose.

Et là j’ai à priori trois solutions totalement différentes qui s’offrent à moi :

On serre les dents et on reste à l’école

La première c’est de serrer les dents pendant deux ans et de continuer les cours. Dans cette solution il y a comme partout des avantages et des inconvénients :

les avantages :

  • je ne me prends pas la tête pendant deux ans coté budget et risques divers. Oui peu de risque pendant cette période j’ai un budget assez clair je finirai avec 10/15 000 euros environ sur mon compte en avril 2020 c’est safe et sécure.
  • ça me laisse 2 ans pour rencontrer l’amour de ma vie, me marier et avoir un visa qui me permet de rester.
  • même si je fini par avoir du mal en cours je devrais à priori pouvoir me débrouiller aisément en japonais ce qui me permettra de pouvoir postuler à n’importe quelle boulot lambda (si je suis marié ^^)

les inconvénients :

  • je vais vivre deux ans vraiment chiant où je vais pas me sentir bien et chaque matin me dire « t’es vraiment sûr de continuer ? »
  • j’ai très peu de temps à coté pour faire autre chose, donc impossible de préparer un « après » de façon convenable. Vivre au japon c’est un rêve, mais je ne veux pas finir salaryman, je préfère encore faire un boulot qui me plait ailleurs plutôt que d’être dans un système vraiment idiot. Pour les fans du japon qui idolâtre un peu trop le pays, sachez que quand vous bosser ici c’est pas du tout le même environnement mais on en parlera dans un autre billet ^^
  • si je décroche en cours à un moment, et que je n’arrive plus à suivre, j’aurai vraiment bousiller de l’argent pour rien. Argent qui aurait pu me servir à tenter quelque chose et je pense que je l’aurai vraiment mauvaise. Je n’ai jamais été très bon en langue, ça se voit avec mes fautes en français et j’ai un anglais catastrophique. Il y a donc des chances que le japonais ce complique pour moi à un moment, je peux déjà le voir actuellement car certains ont décroché et ne peuvent plus rien faire pour rattraper le wagon.

Le principal inconvénient j’en ai déjà parlé, c’est de se lever chaque matin en ayant pas envie, et ça c’est un truc qui me plait pas du tout.

Mais soyons honnête cette solution est la plus « intelligente » sur le papier, c’est celle qui m’assure le plus un avenir au japon pour la suite, mais je ne sais vraiment pas si je peux tenir ni si j’en ai envie.

Et si on montait sa boite au japon ?

Quand j’ai remis en question tout mon projet j’ai essayé de trouver des solutions alternatives pour avoir un visa et rester ici. Car si j’arrêtes les cours je dois rentrer chez moi, plus de visa. Pour parer ce problème, Il y a plusieurs façon d’avoir un visa, le visa culturelle par exemple mais il n’est vraiment pas fait pour moi, ou bien celui de freelance, mais là aussi hélas je n’ai pas la possibilité de l’obtenir.

Car pour ça, il faut avoir fait 25 KE de chiffre d’affaire au japon, et avec l’école ce n’est clairement pas possible de faire ça à coté, pendant les weekend.  C’est un visa que je conseillerai pour les gens qui sont ici en PVT et qui ont un an à temps plein pour faire rentrer de l’argent, ça me parait une solution plutôt cool pour rester après son PVT. Mais clairement je peux la mettre aux oubliettes.

L’autre solution c’est le VISA Business, qui permet d’avoir un visa si on créé son entreprise au Japon. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte, déjà on vous demande d’apporter un capital de 40 000 euros environ, et oui c’est pour ça que je ne peux pas traîner si je le fais, car plus je passe de temps au japon, plus mes économies baisses. Il y a bien sûr plein de complications et j’ai fait mes calculs pour voir si avec les différents impôts à payer cela pourrait rentrer dans mon budget…

Et à priori, oui ça passe…. Mais c’est tendu ! Je n’aurai pas une grosse marge de manœuvre et c’est un peu risqué. Alors risqué il faut se mettre dans mon contexte :  je suis quelqu’un qui prends le moins de risque possible ! Tout mes calculs je les ai fait en me disant que j’aurai 0 rentrée d’argent et que ça sera donc un flop total. Je serai quand même vraiment pas doué si j’arrive pas à faire un yen… mais je préfère toujours calculer la situation avec l’option la plus risquée.

Donc oui financièrement ça serait possible mais tendu, il ne faudrait pas qu’il m’arrive un truc que j’ai pas vu venir, car mes économies à coté ne me permettrait pas des folies (encore une fois c’est sans aucune rentrée d’argent)

Ah oui suis je bête, il faudrait peut être que je vous explique ce que je veux faire… Le plan serait d’être guide photo, j’avais vraiment apprécié les safaris photos que j’avais fait au japon, et dont je vous ai déjà parlé sur le blog. Je n’ai clairement pas leur niveau en photo, ni leur expérience, mais la perspective d’être guide et faire découvrir un autre Kyoto, un autre japon et faire aimer ce pays autant que je l’aime me fait très envie.

Il y a bien entendu des avantages et des inconvénients que je vais vous exposer :

les avantages :

  • je ne me lèverais plus en traînant les pieds le matin, mais en faisant quelque chose qui me plait en pouvant organiser mon emploi du temps comme je le souhaite. Il y aura surement plus de contraintes (si ça marche…) mais je sais que je serais content de me lever le matin pas comme maintenant.
  • si ça fonctionne je gagnerais de l’argent et je m’assure « l’après » d’avoir un travail qui me permet de rester ici ensuite. Je ne serais pas le roi du pétrole avec ce boulot clairement, mais si je peux vivre correctement comme ça (soyons fous) ça serait idéal, je ferais un travail qui me plait dans un pays que j’adore que demande le peuple.
  • je ne serais tributaire de personne pour mon visa : pas d’école, pas obligé de me marier (rapidement en tout cas), pas de patron qui me tient par les c…. (oui on a déjà vu des patrons en profiter pour tirer sur la corde sachant très bien que s’il te vire, tu dois rentrer chez toi…) car sans son visa travail je dois rentrer à la maison.

les inconvénients :

  • si ça ne marche pas je finiras avec beaucoup moins d’argent sur mon compte. J’ai calculé que je devrais finir avec 3/4000 euros si je fais 0 rentrée d’argent, bon y a peu de chance que je fasse 0 et je pourrais toujours faire un petit boulot sur la fin si je dois un peu renflouer les caisses. Je peux aussi écourter mon projet et partir un peu avant si ça part trop en cacahuète.
  • C’est un nouveau travail et je ne sais pas si je suis bon là dedans. Pas seulement pour guider les gens et leur faire passer une journée inoubliable. C’est aussi devoir trouver des clients, savoir se vendre, et pour se vendre il faut parfois faire des choses que je n’apprécie pas.
  • Moi qui hurle à chaque fois que je reçois un courrier administratif, car je comprends rien, là je vais être servi. Car qui dit boite dit forcément pleins de choses à régler, à connaitre, des problèmes qui vont tomber (taxes imprévus etc) avec mon niveau débutant de japonais j’ai intérêt à trouver des alliers pour m’aider à faciliter ces démarches. On m’a déjà donné le contact d’un très bon avocat pour la démarche sur la demande de visa, mais je sais que les ennuies seront nombreux.
  • mon niveau de japonais sera pas top, si je me lance là dedans ça sera avant la fin d’année. J’aurai à peine un niveau JLPT 4 qui ne permet pas d’être à l’aise, loin de là. Alors oui bien sûr je vais continuer de travailler mon japonais, je fais déjà du travail personnelle tous les jours et je le continuerai. Mon emploi du temps me le permettra sûrement (au début je ne vais pas crouler sous les clients et c’est un travail saisonnier) mais je n’avancerai pas au même rythme que l’école. Après si je trouve une copine avec qui je vie, et que je suis sérieux je pense que je peux quand même garder un rythme d’apprentissage mais ça ne sera pas simple.

Vous l’aurez compris cette solution est risquée, ça peut être un véritable flop, mais si ça fonctionne c’est le jackpot (pas dans le sens où j’aurai un 4×4 et des putes de luxes…) mais j’aurai mon propre visa, j’aurai pas niqué mes économies pendant deux ans et j’aurai la perspective d’avoir fait le combo, pays que j’aime avec boulot que j’aime.

Cette solution me plait beaucoup… mais si au final ça ne fonctionne pas bien je peux me retrouver soit dans la merde, soit sans aucune chance de rester, car mon niveau de japonais ne me permettra certainement pas de postuler à un poste « normal » si j’arrête l’école.

Bon soyons clair, si je continue l’école  je ne pourrais pas non plus prétendre à avoir un poste similaire que celui que j’exerçais à la  base. Ecrire des cahiers des charges, des préconisations (faire beaucoup d’écrits), ce ne sera pas possible même après mes 2 ans d’école.

partir un jour sans retour

Une citation des 2be3 ne fait jamais de mal soyons honnêtes. Oui l’autre solution c’est d’avouer sa défaite et partir du Japon pour tenter sa chance ailleurs.

Comme je le disais j’adore vivre ici, mais je n’ai pas envie de détester ce pays à cause de l’école ou bien à cause d’un future travail de salaryman à la con à devoir rester jusqu’à 23H tous les soirs au boulot juste parce que le boss est là et que ça se fait pas de partir avant…

Donc une solution annexe que je prends au sérieux c’est de faire la solution 2 (guide photo en freelance) mais dans un autre pays où je n’ai pas de problème de visa (enfin presque) et du coup j’irais direction Edimbourg une ville qui se prête je pense bien à ça et où j’ai un de mes meilleurs amis qui y vit.

Les avantages :

  • la ville se prête bien à se genre de projet, même si on m’a déjà rencardé sur quelques problèmes , elle est jolie et la vie n’est pas la même qu’à paris.
  • Un de mes meilleurs ami habite là bas c’est un point non négligeable.
  • Pour créer sa boite là bas, je n’ai pas besoin de faire des calculs et d’investir 40 000 euros comme au japon, je peux être simplement freelance, ce qui me permet de rester plus de 2 ans sans stress ni calcul d’apothicaire, sans problème de langue et d’administration ou de visa. Même si mon anglais n’est pas très bon c’est quand même plus simple qu’avec le japonais.
  • si le business ne marche pas j’aurais le temps d’apprendre l’anglais et de me former à autre chose et ça ne ferait pas de mal pour la suite de mes aventures si mon anglais était meilleur.

Les inconvéniants :

  • c’est pas le japon ! La ville est jolie mais j’aurais pas le même plaisir à déambuler dans les rues à regarder ce peuple étrange, que parfois je ne comprends pas dans sa façon de faire mais qui me fait toujours sourire.
  • le brexit peut changer beaucoup de chose et faire foirer tout mon projet en me renvoyant en France et là… bha là ça serait un putain d’échec.
  • Les prix ne sont pas donnés non plus là bas et les filles c’est le jour et la nuit par rapport au japon, je vous invite à tinderisé au japon puis en écosse si vous voulez avoir la définition de « classe » et de « vulgosse » ^^.

Bref voilà où j’en suis, je dois réfléchir à tout ça, à vrai dire ça fait des semaines que je retourne le tout dans tous les sens et que je suis perdu… ma solution préféré comme on dit ici Mochiron ça serait de faire ma boite, mais  je n’ai pas de base arrière, de parents pour m’accueillir pendant un an si je rentre comme une merde sans un sous pour pouvoir me refaire et je préfère donc tout verrouiller je n’aime pas les mauvaises surprises surtout si j’avais pu les prévoir.

Les prochains jours vont être « sportifs » avec un choix qui risque d’être compliqué ou déchirant quoi qu’il arrive mais voilà où j’en suis aujourd’hui. Je ne dois pas trop traîner non plus car comme je l’ai expliqué si je dois monter une boite il faut que je lance les démarches au plus tard début octobre.

Je suis toujours preneur de bon et de mauvais conseils, ce n’est pas vous qui ferait ma décision mais ça permet toujours de réfléchir donc n’hésitez pas.

En attendant le prochain billet sera plus champêtre je vais vous faire découvrir un bookstore étonnant !

 

 

 

 

 

%d blogueurs aiment cette page :